
Exposition du 29 mars au 24 juillet 2022 au Petit Palais, Paris
Élégance et mouvement.
Deux mots qui me viennent à l’esprit pour décrire les œuvres de Giovanni Boldini (1842 – 1931).
De ses portraits en pied de la bourgeoisie parisienne de la Belle Époque se dégagent une élégance par la posture des modèles, les coloris et les robes d’une grande beauté. Vous tomberez sous le charme des portraits de Mrs Howard-Johnston (1906) ou encore celui de Miss Bell (1903 [voir l’affiche]) dans leurs robes roses.
Ensuite le mouvement, un élément que l’on retrouve aussi dans ses portraits, dans le traitement des robes de soirées. Des coups de pinceaux rapides donnent cet élan renforçant le glamour.
D’autres tableaux rappellent des photographies, prises sur le vif comme le tableau Le peintre John Lewis Brown avec sa femme et sa fille (1890). Le fond est neutre, le peintre sourit en regardant devant lui. Sa fille à sa droite, un peu en retrait, sa femme à sa gauche presque hors cadre. Ils marchent, sortant d’une soirée peut-être. Boldini a figé cet instant à coups de pinceaux.
Ce sont les portraits qui ont fait la renommée du peintre italien. En 1864, à Florence (Italie), Boldini expérimente pourtant différents genres mais c’est le portrait qu’il privilégie. Après Londres, c’est à Paris qu’il s’installe : la capitale se modernise devenant la Ville Lumière.
A Paris, Boldini vend ses toiles par l’intermédiaire de la galerie d’art Goupil. Celle-ci lui impose de peindre des scènes de genre et des scènes parisiennes très en vogue en 1870. Mais lorsque la mode passe, Boldini revient aux portraits. Grâce à ses connaissances, notamment sa muse et maîtresse, la comtesse de Rasty, Boldini se fait un nom dans les milieux mondains.
Boldini s’intéresse aussi bien à la peinture anglaise (avec Reynolds et Gainsborough également connus pour leurs portraits) qu’à la peinture hollandaise (Vermeer, Frans Hals…) Il développe son propre style : l’allongement des membres comme sur le portrait de Emiliana Concha de Cosa où les bras et les doigts sont étirés ; et des coups de pinceaux qui au fil des années, se font de plus en plus rapides . D’ailleurs dans son portait, la marquise Luisa Casati semble prête à s’envoler avec ses plumes de paons (1813).
Boldini est observateur et a un regard critique sur la société. Il ne se laisse pas régenter par ses commanditaires si bien que certaines de ses œuvres seront refusées, jugées inconvenantes.
Vous découvrirez plusieurs facettes du peintre à travers 150 œuvres exposées : gravures, dessins, objets, tableaux, certains immenses d’autres plus petits, intimes ; portraits ou paysages si beaux qu’on s’y croirait sur cette plage de galets à Étretat ou dans cette rue pavée de Paris.
Boldini n’était pas réputé pour être tendre avec ses modèles. Il suffit de voir la posture de Rita de Acosta Lydig (1911) pour avoir mal aux bras. Pourtant, certaines femmes n’hésitaient pas à attendre des mois et à payer cher pour se faire « boldiniser ».
D’ailleurs Sem, caricaturiste et proche de Boldini, le caricature en le représentant petit avec une grosse tête, un peu grotesque. Il le décrit comme tyrannique. Malgré ce côté autoritaire, vous découvrirez des tableaux plus intimes, ceux qu’il n’a jamais exposés comme ceux représentant son atelier ou encore des études préparatoires.
A travers cette exposition, le Petit Palais, nous plonge dans l’effervescence de Paris pour revivre les plaisirs de la Belle Époque et nous faire rêver.
Egalement au Petit Palais jusqu’au 10 juillet, l’exposition Albert Edelfelt : lumières de Finlande. Un univers totalement différent à découvrir : https://drumsnbooks.fr/2022/06/06/albert-edelfelt-lumieres-de-finlande/
Pour plus d’information sur l’exposition Boldini : https://www.petitpalais.paris.fr/expositions/boldini