La vérité sur la lumière – Auður Ava Ólafsdóttir

Puisses-tu connaître bien des aubes et bien des crépuscules.

Auður Ava Ólafsdóttir est une autrice islandaise déjà reconnue mais c’est la première fois que je lis l’un de ses livres et autant vous dire qu’il m’a beaucoup plu. Voici pourquoi.

Une introduction précède le début du roman expliquant qu’une étude a été réalisée en 2013 pour élire le plus beau mot pour les islandais. Ils ont choisi « ljósmóðir », littéralement « mère de lumière » qui correspond en français à « sage-femme ». Je suis passionnée par les langues et la beauté du mot m’a frappée tout autant que la signification induite par ce choix, qui célèbre la naissance et par extension la vie.

Nous découvrons le personnage de Dómhildur, surnommée Dýja. Elle tient son prénom de sa grande-tante, elle-même surnommée Fífa. Dýja est issue d’une longue lignée de sages-femmes, au moins une à chaque génération, qui remonterait à un célèbre accoucheur islandais appelé Nonni.
Sa soeur est météorologue, détail important alors que le récit se déroule à un moment climatique critique prévoyant une tempête spectaculaire.
Ses parents possèdent, quant à eux, une entreprise de pompes funèbres.
On peut donc dire qu’elle est reliée, d’une certaine manière, aux deux étapes les plus importantes vécues par un être humain : la vie et la mort.

On apprend que Dýja vit dans l’appartement de sa grande-tante décédée qui était elle aussi sage-femme dans la même maternité où elle travaille. Elle évoque la personnalité atypique de cette dernière. D’ailleurs, la citation que j’ai choisi en début d’article est l’une des phrases qu’elle employait pour accueillir les nouveau-nés.  Au fil des pages, elle retrace les moments passés avec elle et sa manière de pensée quelque peu particulière sur des thèmes très larges tels que l’existence, l’écologie ou encore le bien-être animal.

La route devant nous est nimbée de lumière.

Le style Auður Ava Ólafsdóttir est simple et direct teinté d’une certaine mélancolie. Elle donne l’impression de lire un conte quand elle évoque les aventures des sages-femmes irlandaises, ajoutant une pointe de poésie à ce livre très ancré dans le réel. En compagnie de Dýja, nous faisons un voyage dans le temps, grâce à ses souvenirs.
On discerne une tristesse ancrée en elle, un découragement, peut-être induit par le fait qu’elle a l’impression de revivre le même schéma de vie que Fífa sans l’impétuosité qui la caractérisait. Ou peut-être qu’elle est marquée par le fatalisme de sa grande-tante concernant l’être humain et ses capacités naturelles à détruire ce qui l’entoure.

En tout état de cause, ce livre invite à l’errance, au rêve et à l’introspection. Néanmoins, la fin m’a laissé un léger goût d’inachevé. C’est maintenant à vous d’en juger.

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