Récursion – BLAKE CROUCH

Prenant mais pas si surprenant

Récursion est le dernier roman en date de l’écrivain américain Blake Crouch, notamment connu grâce a son précédent roman Dark Matter ou encore la trilogie Wayward Pines qui a donné lieu a une adaptation en série TV éponyme (réal. Chris Hodge et M. Night Shyamalan)

Traduit de l’américain par A. Monvoisin pour J’ai lu dans la collection Nouveaux Millénaire, Récursion se présente comme un thriller s’articulant autour de la question de la mémoire et des souvenirs…

Un roman somme toute bien construit, qui ne révolutionnera pas le genre, ne surprendra guère le lecteur adepte de Science-fiction qui aura sans doute quelques impressions de déjà vu, tout en lui procurant tout de même un bon moment de lecture. Me rangeant moi même dans cette catégorie, je l’ai lu d’une traite car il s’agit en effet d’un véritable « Page-Turner »: il me fallait absolument savoir comment l’intrigue allait se dénouer…
Récursion, c’est ce roman que l’on va fortement conseiller à un ami qui n’est pas particulièrement un aficionado de littérature de l’imaginaire mais qui trouvera ici son compte d’action, d’émotion, de surprise. Le livre de Blake Crouch se lit comme un bon polar avec son lot de rebondissements, ce qui en fait une bonne introduction au genre SF/F.
Il s’agit d’un roman a suspens, avec un twist important (retournement de situation) au bout d’une centaine de page, j’essaierai donc de ne pas trop en dévoiler.

2 novembre 2018, Barry Sutton, inspecteur du N.Y.P.D, brigade de répression du banditisme, est le premier policier à se rendre sur les lieux d’un appel à police secours: une femme serait sur le point de sauter du haut d’un building. La femme, Ann Voss Peters prévient le policier : elle est atteinte du syndrome des faux souvenirs (SFS).
Le SFS, une affliction qui semble se propager depuis quelques temps dans la société, est encore un mystère quasi total pour la science. Des personnes se rappellent d’avoir vécu des évènements qui n’ont jamais eu lieu. Parfois le faux souvenir concerne des choses anodines, d’autre fois il s’agit d’années entières de leur vie dont les malades ont un souvenir très différent de la réalité.
Ann Voss Peters raconte : « Je me suis réveillée dans cette ville un matin, dans un appartement, et pas chez moi dans à Middleburry dans le Vermont […] Je ne savais plus où j’étais, mais je me suis vite souvenue de… cette nouvelle vie. Ici je suis célibataire et je travaille dans une banque, j’ai gardé mon nom de jeune fille. Mais je… Je me rappelle une autre existence dans le Vermont. J’avais un garçon de neuf ans, Sam. J’étais paysagiste, comme mon mari, Joe. Je portais son nom et on était heureux. »
De nombreuses personnes n’arrivant pas a se faire à cette nouvelle version de leur vie se sont déjà ôté la vie, comme eux, Mrs Peters n’en peut plus…
Cette histoire de SFS va obséder Barry, il se lance alors, seul, dans une enquête non-officielle sur ce phénomène étrange, qui le mènera sur un chemin semé d’embuches.

22 octobre 2007, Helena Smith, chercheuse-neurologue à l’université de Stanford, travaille sur la maladie d’Alzheimer. Les recherches qu’elle mène sont particulièrement importante pour elle sur le plan personnel, car sa mère est atteinte de cette maladie. Les maigres financements que lui octroie l’université ne lui permettent pas de mener à bien les expériences ambitieuses qu’elle désirerait entreprendre. De plus ces financements approchent de leur terme. L’avenir de son labo est donc incertain…
C’est alors qu’un employé du fameux Marcus Slade (sorte de Jeff Bezos, une des toute plus grande fortune mondiale) l’approche et lui propose de mettre les ressources extravagantes dont son patron dispose à son service (et on parle ici de milliards de dollars). Ces recherches, Helena les mènera dans un lieu tenu secret, et après avoir signé une clause de confidentialité.

L’auteur articule sa narration autour des deux personnages principaux, Barry et Helena, suivant le procédé assez classique mais très bien maitrisé par Crouch de l’alternance des deux perspectives un chapitre sur deux. Les faits n’ont pas lieu dans la même temporalité mais il nous apparait très vite que l’enquête que Barry mène en 2018 est liée aux recherches qu’effectuait Helena en 2007… C’est cette concordance inter-temporalité qui rajoute une dose de mystère et nous donne envie d’explorer plus en avant l’énigme de Récursion. Il faudra d’ailleurs être attentif aux dates au début de chaque chapitre, elles ont leurs importance.

Le titre en français Récursion est un parti pris du traducteur plutôt étrange. Le mot existe bel et bien en français mais il s’agit d’un anglicisme approximatif. Recursion en anglais se traduit normalement par Récursivité.
En programmation : est dit récursive une fonction dont la définition fait appel à cette même fonction.
Edgar Morin (le philosophe) parle beaucoup dans ses écrits sur la Méthode de boucle récursive qui se défini par sa causalité circulaire : la conséquence agit sur la cause de l’effet. C’est l’effet Papillon dans certaines théories de voyage dans le temps ou encore le paradoxe de l’écrivain.
Peut aussi se dire d’une image qui contient cette même image: c’est l’effet Vache qui rit.
En ayant désormais à l’esprit la signification réelle du titre, on commence à entrevoir qu’il ne s’agit peut-être pas que d’une simple question de faux souvenirs ou d’Alzheimer …

En conclusion, Récursion, n’a pas bouleversé mon monde, n’a pas fait exploser mon cerveau tant il m’aura surpris dans son intrigue… Néanmoins grâce à une narration très dynamique, un rythme qui va crescendo, et deux personnages qui m’ont beaucoup touché de par leurs failles et blessures, c’est un livre que j’ai pris plaisir à lire.
Un mot en revanche sur la piètre qualité de l’objet: Nouveau Millénaire nous livre un ouvrage en « broché-collé » (pas la technique de reliure la plus solide), je n’ai rien contre dans l’absolu si le prix correspond à la qualité de l’objet, ici on en aura pour 20€ (à titre de comparaison un broché collé un peu cheap en VO coûtera 11 dollars environ)

Ailleurs sur la blogosphère : Apophis, Célinedanaë, Les lectures du Maki, Lune, Lorkhan, De livres en livres,

Auteur : Kwalys

drumsnbooks.fr

4 réflexions sur « Récursion – BLAKE CROUCH »

  1. Je n’avais pas été transcendée par cette lecture non plus. Toute la partie sur la boucle temporelle m’a ennuyée (je trouve que c’est une mécanique, plus aussi originale que ça à l’heure actuelle, vraiment casse-gueule pour maintenir mon intérêt. De plus ça reste du thriller assez classique, genre que je préfère de loin au cinéma.
    Merci pour le petit cours sur « Récursion » et « récursivité », je ne m’étais pas du tout posé la question de la signification du titre.

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    1. Oui c’est exactement ça, du classique de chez classique. Après j’admets que la romance à travers la boucle m’a quand même un peu ému (mais bon je suis dans une période de ma vie IRL qui fait que le romantisme me touche, donc je suis biaisé). J’ai pas trouvé ta chronique pour te ping, tu n’en a pas écrit une du coup ?

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